Article par L. Dominguez

Dans un monde de plus en plus uniforme, les jeunes en particulier se soumettent plus facilement aux diktats des tendances et des comportements proposés par les réseaux sociaux. Comment y résister pour rester soi ? Y adhérer sans s’y perdre ? Tels des petits cailloux blancs du petit Poucet, voici quelques pistes pour vous y aider.👉
Avez-vous remarqué que dans notre société humaine de plus en plus mondialisée, les voyageurs se restaurent à l’autre bout du monde dans les mêmes chaines de restaurant, dorment dans les mêmes hôtels, s’habillent dans les mêmes enseignes de mode, écoutent les mêmes musiques, sont sur les mêmes réseaux sociaux, visionnent les mêmes vidéos via leurs plateformes ? Les voyages, pourtant synonymes de rencontre avec l’inconnu, se bornent désormais pour la plupart à retrouver ailleurs ce que l’on connaît chez soi. On ne voyage plus, on transporte son mode de vie ailleurs. On ne se libère pas du connu. Tout changer pour ne rien changer !
Le marketing a réussi à produire un commun commercial mondial jusqu’à l’uniformisation des comportements et l’indifférenciation culturelle. Les tribus de touristes se croisent et se reconnaissent sur les plages du monde entier, par leurs marques de vêtements, d’ordinateur, de smartphone, d’applis, de casques audio, de lunettes… L’immersion dans la culture du pays est souvent folklorisée pour les besoins du tourisme. Exagéré ? A peine…
Que les adolescents cherchent à se fondre dans la masse et à se reconnaître entre eux par des codes, quoi de plus banal… Mais comment faire alors pour résister aux sirènes du marketing, qui nous connait aujourd’hui par les datas collectées mieux que nous-mêmes, pour affirmer notre identité personnelle loin des injonctions et critères de beauté, de comportements, de pensée, martelés par la pub et les réseaux sociaux ?
Du pas de côté à l’ancrage
Entrainés par la vague, on suit le mouvement, la tendance, la mode… sans réfléchir et sans pouvoir – savoir ?- affirmer notre singularité. Comment trouver la juste voie du milieu, entre uniformisation de masse pour les uns et repli identitaire pour les autres ? Comment (re)trouver les valeurs personnelles qui nous rendent uniques ? Autrement que ce que le marketing nous propose avec enthousiasme et fierté comme personnalisation dérisoire : un prénom sur un pot de pâte chocolatée ou sur une tasse !
Peut-être d’abord en s’extrayant du flux constant de données mobiles ? Faire un pas de côté pour ralentir, prendre la pause, se poser et prendre un temps pour s’ancrer, s’enraciner…Les deux mouvements sont d’ailleurs nécessaires à notre équilibre. Aller vers l’autre; mobilité, extériorité. Revenir vers soi ; immobilité, intériorité. En alternance, par vagues…
L’ancrage, les racines, le retour à soi, et les sagesses millénaires le répètent à l’envi, sont importantes pour ne pas se perdre de vue, ne pas se disperser ni « s’oublier ». Yoga, méditation, jardinage, peinture, chant, danse, sophrologie, tai-chi, arts martiaux…nombreuses sont les techniques psycho-corporelles favorisant l’ancrage. A vous de trouver la méthode qui vous convient et le bon aidant sur votre chemin.
Un seul Être vous manque…
Qu’importe alors de paraître tant que cela n’efface pas ni ne nie votre Être. Vous pouvez, dès lors que vous avez extrait des conventions et des normes la pépite unique que vous êtes, jouer avec toutes les apparences inimaginables, toutes les formes sans crainte de vous perdre. Un proverbe dit « Celui qui ne sait pas d’où il vient ne peut savoir où il va ».
Les jeunes, dans cette période protéiforme qu’est l’adolescence, sont aux premières loges. Pour la plupart, l’instabilité, la variabilité sont les prévisions météo les plus attendues de cette période de leur vie : celle de la recherche de ses racines, déjà en place et à renforcer pour certains, à creuser pour les découvrir pour d’autres.
Nos racines nous permettent, tel le roseau, de plier sans tomber dans un monde en perpétuel mouvement, voire en perpétuel chaos. Nous portons tous en nous les graines de notre différence, de notre unicité dans la belle forêt de la biodiversité humaine. L’uniformisation des arbres, elle, ne se trouve que dans les plantations artificielles. Bien triste.
Faire germer sa graine personnelle
Pour faire germer votre graine personnelle en l’arbre de votre vie, faire ressortir votre éclat personnel dans ce monde uniforme, vous pouvez, tel Bouddha, aller vous isoler sous un arbre justement et attendre des années pour LA rencontre avec vous-même. Mais les temps ont changé. Aujourd’hui des coachs, des thérapeutes, des livres, des podcasts, des stages et lieux de recueillement, des pratiques psycho-corporelles peuvent vous aider à progresser sur le chemin vers soi. Sans chercher à tout prix la performance ou la rapidité, ces aidants peuvent néanmoins vous faire gagner du temps, en prenant des raccourcis compatibles avec la vie moderne.
Tous vous indiqueront les premières étapes de l’exploration vers soi :
d’abord, ralentir pour faire une pause dans le rythme effréné de la vie
puis s’accorder régulièrement un temps et un espace rien que pour soi
alors, tourner son regard vers l’intérieur, soit en fermant les yeux, soit en laissant flotter son regard
pour mettre son mental en sourdine en portant l’attention à sa respiration, ses sensations corporelles, à l’ici et maintenant
enfin laisser émerger, accueillir, se laisser traverser par ce qui se présente à vous ; sensations, émotions, pensées, souvenirs, imaginaires…
Au fil de ces étapes répétées – à votre rythme – c’est comme si vous faisiez le grand nettoyage du superflu et de l’inutile pour faire apparaître votre essentiel. Comme si vous dégagiez peu à peu un terrain de ses scories pour dévoiler la pépite qui est en vous. Vous devenez l’explorateur de vous-même pour découvrir et chérir un trésor personnel, votre trésor personnel.
L’apprentissage pour rester vous-mêmes dans un monde de plus en plus uniforme vient de commencer. La suite est entre vos mains, pour écrire votre histoire personnelle…


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